Initiation Alpinisme dans le massif des Ecrins (Juin 2021)

Pour la deuxième année l’ASPALA organise une session d’initiation à l’Alpinisme pour permettre la découverte de cette activité. Changement de massif, après Chamonix l’an dernier, direction le massif des Écrins, du côté du glacier blanc.

La chance est avec nous, le temps prévu pour ces trois jours est magnifique. Voir même trop chaud ! Conditions de neige de Mai mais températures de Juillet. On ne s’en plaindra pas, association parfaite 😎.

Sortie Aspala au massif des Ecrins (juin 2021)

Arrivée le vendredi midi au pré de madame Carle, le point de départ de notre aventure. On est tout de suite dans l’ambiance des Écrins : paysages sauvages et plus de réseau téléphonique, c’est parti pour une vraie coupure !

Sortie Aspala au massif des Ecrins (juin 2021) Sortie Aspala au massif des Ecrins (juin 2021)

Destination pour cette première étape : le refuge des Écrins à 3400m d’altitude. Les sacs sont lourds et ça va grimper ! 1300m de D+ à monter sur cette première journée. Une fois le refuge intermédiaire du Glacier Blanc atteint, nous attaquons les choses sérieuses : il faut mettre les crampons et s’encorder. Une vrai première course, il se mérite ce refuge ! La neige est molle, c’est dur ! L’altitude et le poids des sacs n’aidant pas, nous y serons pour 19H30, juste à temps pour profiter du dîner, puis repos !

Sortie Aspala au massif des Ecrins (juin 2021)

Jour 2, lever à 4h, l’objectif est l’épaule de la roche Faurio, une belle course de neige. Tous pas bien réveillés ou pas encore endormis, difficile à dire mais l’envie de grimper est là ! Le petit déjeuner est expédié, les crampons sont rechaussés, les cordées constituées et c’est parti. Il est 5h, le jour se lève déjà. La neige a bien crouté pendant la nuit, ouf, les crampons vont bien tenir ! Mais il va faire chaud et nous aurons de la neige molle pour la descente, elle sera fatigante c’est certain !

Sortie Aspala au massif des Ecrins (juin 2021)

La descente du refuge vers le plat du glacier se fait rapidement. Une fois le glacier remonté jusqu’à la base de la roche Faurio, il faut grimper. Régulièrement mais doucement, le manque d’oxygène se fait sentir et il faut apprendre à se ménager, la journée sera longue ! Une section bien raide nous mène à l’arrête sommitale, un cours passage vertigineux et l’objectif est atteint, 3700m en haut de l’épaule ! Bravo à tous, premier sommet en haute montagne pour presque tous les stagiaires !

Sortie Aspala au massif des Ecrins (juin 2021)

Il faut déjà penser à la descente, la neige ramollit. Le passage raide est le moment de bravoure mais il passe sans problème, les crampons et le piolet sont maintenant maitrisés par tous. Reste une longue descente jusqu’au refuge du glacier blanc. Après 8h de course, nous y sommes. Mais la fatigue est bien là, la volonté d’avancer à porter le groupe sur la fin. Il faut reprendre des forces pour le lendemain.

Sortie Aspala au massif des Ecrins (juin 2021)

Le temps de repos au refuge est aussi l’occasion de faire le bilan de ces deux jours. Évaluer l’état de forme de chacun est indispensable pour planifier en sécurité la journée du lendemain. Nous sommes tous d’accord, réaliser un deuxième sommet et la redescente au parking n’est pas gérable dans le temps imparti, à la vue de la fatigue. Surtout qu’il faut ensuite remonter sur Paris. Ce sera donc grasse mat jusqu’à 5h, école de glace et redescente.

Sortie Aspala au massif des Ecrins (juin 2021)

L’école de glace est l’occasion de tester différents modes de déplacement sur glacier : progression en pente avec piolet canne, montée de paroi verticale en pointes avants avec piolet traction. Ludique et… “glacial” ! Mais cela ouvre des perspectives, vivement les stages de cascade de glace ! 🥶

Sortie Aspala au massif des Ecrins (juin 2021)

Il est temps d’entamer la longue descente finale. Nous en avons encore tous pleins les yeux… et pleins les genoux. Une vrai bambée comme on dit !

Sortie Aspala au massif des Ecrins (juin 2021)

Merci à tous pour la confiance et les bons moments et à Thierry pour l’organisation, à refaire c’est sûr !

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Retour sur la sortie de mai à Orpierre

Dans le monde de l’ASPALA, Mai rime avec sortie dans le sud ! Cette année, retour sur le site d’Orpierre et son équipement rassurant, parfait pour redémarrer la saison sans se faire peur !

Après une bonne journée de route – et oui, le soleil d’Orpierre est plutôt loin de Paris – arrivée à notre gîte. Très bon accueil, plutôt tout confort et vue sur les secteurs des grandes voies, ça nous met directement dans l’ambiance, vivement le lendemain !

Sortie Aspala à Orpierre : le gîte

Premier jour de grimpe, direction le facile secteur du quatre-heure : révision des manips, couennes et voies de deux longueurs pour se remettre en forme. Le redémarrage est dur, surtout sur les dalles. Certaines voies portent bien leur nom, il faut retrouver la confiance ! Mais le soleil est là et petit à petit les sensations reviennent, ouf ! Au final une belle journée bien remplie, chacun a trouvé son bonheur dans des niveaux différents, le groupe est prêt pour attaquer les grandes voies !

Sortie Aspala à Orpierre : voie l'angoisse Sortie Aspala à Orpierre : repos bien mérité

 

Sortie Aspala à Orpierre : Grande voieDeuxième jour de grimpe, direction les secteurs du Quiquillon et de l’Ascle : journée grandes voies !! Que du plaisir, les longueurs s’enchainent en réversible ou non selon les cordées. Le rocher tient bien et le soleil est là, que demander de plus ! Quelques sueurs froides quand mêmes dans les dièdres et traversées ! 😱

Fin de journée sur les couennes du secteur quatre heure, histoire de profiter à fond de la journée. La météo est annoncée moins belle pour le lendemain ☹….

Samedi, dernière journée de grimpe mais la météo n’est pas au top, la pluie est annoncée pour 11h. Départ pour le secteur de l’Ascle pour certains – une grande voie en cible, et couennes sur le secteur Belleric pour le reste du groupe. La météo ne s’est pas trompée, la pluie arrive bien à 11h. Tout juste pour la fin des grandes voies, sur un secteur en dalle qui commence à s’humidifier.

Impossible de grimper l’après-midi, ce sera rando-pluie, histoire de tester la nouvelle veste GORETEX de Vincent !

Sortie Aspala à Orpierre : repos bien mérité

Et c’est déjà la fin du week-end, retour le dimanche sur Paris. Un grand merci à tous pour la bonne humeur, et à Thierry pour l’organisation, top comme d’habitude !

Sortie Aspala à Orpierre : au relaisSortie Aspala à Orpierre : les participants

Retour sur la sortie ski de randonnée… et cascade de glace à Pralognan-la-Vanoise

Du 15 au 17 janvier dernier, un petit groupe de grimpeurs de l’ASPALA est parti en Vanoise, pour s’initier au ski de randonnée… mais aussi à la cascade de glace, ce qui n’était pas du tout prévu !

Cette sortie, encadrée par Thierry (initiateur alpinisme et ski-alpinisme de la FFME), réunissait Hélène, Nathalie, Johann et Sylvain. L’objectif initial était une découverte/initiation au ski de randonnée. Les conditions météo et nivologiques du moment ont transformé cette sortie en stage multiactivités hivernales ! Retour sur cette belle sortie d’hiver…

D’emblée, il faut préciser que cette sortie a été rendue possible grâce au financement accordé par la Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade dans le cadre d’un appel à projet pour le développement de la « multiactivités » auquel l’ASPALA avait répondu en 2019. Grâce à cette aide, le club a pu investir pour acquérir le matériel nécessaire à ce type d’activité et notamment des kits DVA / PELLE / SONDE.
Au programme, il était prévu une première journée de découverte du ski de rando avec exercices de recherche et sauvetage de victimes en avalanche puis, le lendemain, une montée au refuge non gardé du Col de la Vanoise avec nuit en mode « glagla » dans le duvet et, pour finir, un sommet facile dans le secteur (pointe de la Réchasse ou pointe du Dard).
La neige était bien au rendez-vous ! et pour être servis nous avons été servis ! Le premier jour de cette sortie, le domaine skiable était en mode PIDA, c’est-à-dire « plan d’intervention de déclenchements des avalanches ». Il faut dire qu’il avait neigé toute la nuit et que les précipitations des jours précédents avaient déjà fait évoluer l’indice de risque avalanche à un niveau 4 (« risque fort »). Quand on sait que pour un risque de niveau 5 on doit rester tranquillement au chaud à la maison, alors le niveau 4 constitue finalement le plus haut niveau de risque avalanche quand on sort en montagne…
La prudence est donc de mise et nous avons décidé d’attendre sagement la fin du PIDA pour aller randonner. Cela tombait bien, puisque cette première matinée était consacrée aux exercices de recherche de victime en avalanche. S’exercer à la recherche de victime en avalanche est un préalable indispensable à toute sortie hors des pistes, que ce soit pour de la randonnée à ski ou pour du freeride.
Le matériel de recherche est un triptyque composé d’un Détecteur de Victimes d’Avalanche (le fameux DVA – et non l’ARVA qui est une marque de DVA…), d’une sonde et d’une pelle. Un ou deux éléments sans les deux autres ne sert strictement à rien… en effet, imaginons que vous parveniez à détecter votre pote victime d’une avalanche avec votre DVA mais que vous ne disposiez pas de pelle dans votre sac… alors votre pote sous la neige sera bien content(e) que vous l’ayez trouvé mais moins content d’apprendre que vous ne pourrez pas le(a) dégager de la neige !
Ce qui compte dans la recherche de victime d’avalanche c’est l’organisation, parce que l’organisation c’est de l’efficacité et l’efficacité c’est de la rapidité. Lors d’un accident d’avalanche, une victime dispose statistiquement de 80 à 90% de chance de survie si elle est dégagée dans un délai de 18 minutes… au bout de 35 minutes ses chances de survie tombent dramatiquement à 35%. Tout est dit : il faut aller vite et ne pas perdre de temps !
C’est pourquoi la première phase, c’est-à-dire la localisation de la victime avec le DVA puis la localisation précise avec la sonde, est cruciale et si importante. Il faut en effet prendre en compte le temps de pelletage qui n’est pas une mince affaire et qui peut durer longtemps si la victime est enfouie profondément ou si la neige est dure.Durant cette première matinée nous avons donc multiplié les exercices de localisation en cachant les DVA sous la neige et en prenant bien soin de brouiller les pistes… C’est un exercice ludique qui permet de se rendre compte à quel point il faut l’entrainer pour le maitriser. Pour corser l’affaire, nous sommes passés d’une recherche mono victime à une recherche multi victimes. Mine de rien ça fatigue bien !Ce préalable validé, nous décidons de retourner sur le domaine skiable de Pralo pour voir si le PIDA est terminé et aller se promener en montagne. Ouf !! C’est fini ! Même si les avalanches ont été déclenchées, le risque avalanche reste fort et nous décidons donc de randonner prudemment sur les pistes sécurisées. De toute façon, avec la fermeture des stations, le domaine skiable s’apparente à du « hors piste » et nous sommes bien seuls ce vendredi.Nous partons pour atteindre le secteur des Barmettes en haut de la station. « Peaux de phoque » aux skis, nous débutons notre balade tranquillement. La randonnée à ski produit un effort assez similaire à la randonnée à pied. Il faut avoir un rythme régulier.
Les virages dans les pentes raides s’effectuent en réalisant des « conversions amont ». Cela signifie donc d’avoir à réaliser un demi-tour face à la pente, avec la spatule du ski aval qui a tendance à vouloir se planter dans la neige et à déséquilibrer quand on est pas habitué… C’est une technique de base à maitriser pour l’enchainer naturellement.
Ce jour-là il neige toujours et il fait froid, nous sommes bien au mois de janvier !C’est quand même une belle journée de découverte, ou de redécouverte, pour Hélène, Nathalie, Johann et Sylvain.Après avoir effectué quelques centaines de mètres de dénivelée nous décidons de redescendre pour profiter (enfin) de cette neige de rêve. Mais il faut d’abord « dépeauter » !La descente est à la hauteur de nos espérances : magique ! Avec une neige bien profonde et légère… malheureusement trop rapide et en moins de 2 nous sommes déjà au pied de la station.Maintenant nous devons décider du programme du lendemain. L’option de repartir en randonnée sur les pistes avec un risque avalanche qui n’a pas diminué n’est pas super enthousiasmante…
Je propose aux stagiaires de les initier à la cascade de glace. Ça tombe bien ! J’avais anticipé le coup en ramenant deux paires de piolet-traction et des cordes et, autre hasard bien fait, il y a une superbe structure artificielle de glace non loin de Pralo…
Après un bon apéro, un bon repas et une bonne nuit de sommeil dans notre gîte confortable, nous partons pour Champagny-le-Haut où se situe la Tour de Glace, une superbe structure d’entrainement de cascade de glace et de « dry tooling » géré par la FFCAM (et oui ! il faut rendre à César ce qui est à César !). Cette structure fait une vingtaine de mètre, avec divers profils, et elle reproduit les conditions d’une cascade naturelle (c’est simplement de l’eau qui a gelé, nul produit additif rajouté !) mais sans l’engagement d’une cascade naturelle bien entendu !

Il fait très froid en cette matinée pourtant bien ensoleillée : -15°C au compteur ! Il va falloir faire de l’exercice pour se réchauffer !L’escalade en cascade de glace est très proche de l’escalade en falaise : il faut faire travailler au maximum ses pieds et ne pas trop serrer ses « pioches » pour éviter de se dauber les bras. Il faut donc essayer de parvenir à un maximum de fluidité et d’équilibre sans se crisper. Un autre principe essentiel est de ne pas (trop) buriner avec les piolets mais d’utiliser au maximum les aspérités de la glace pour effectuer des crochetages qui permettent de s’économiser.Les premiers essais ne sont pas faciles… il faut trouver ses marques. Nos 4 glaciéristes en herbe trouvent vite le rythme et enchainent de belles ascensions.

 

Ce jour-là nous avons l’immense chance d’assister à l’entrainement des frères LADEVANT, Louna et Tristan de leur prénom. C’est-à-dire la crème de l’élite mondiale de la cascade de glace en compétition… Tout simplement impressionnant et beau à voir ! Louna Ladevant n’est rien moins que vainqueur de la coupe du monde et champion d’Europe 2020 de la discipline, à l’âge de 19 ans seulement… et son frère fait régulièrement des podiums au niveau international. D’une humilité aussi haute que leur palmarès, les deux champions sont hyper abordables et c’est sympathiquement que nous avons pu échanger avec eux.

 

C’est donc sur cette journée parfaite que nous terminons cette superbe sortie qui nous a fait un bien fou… avec une grande hâte de pouvoir revenir en montagne au plus vite !

Un grand merci Hélène, Nathalie, Johann et Sylvain pour leur curiosité, leur grande écoute, leur attention constante et leur bonne humeur tout au long de cette sortie.

Thierry
Février 2021

Crédit photo : Thierry, Hélène, Nathalie, Johann et Sylvain pour l'ASPALA

Sortie au Massif des Bornes (Haute-Savoie)

Après une belle frayeur météo – temps bien pourri annoncé une semaine avant, la météo change in-extremis pour du grand beau, voir même du bien chaud. Finalement comme chaque fois pour cette maintenant traditionnelle sortie de septembre ! Septembre est définitivement un mois magique en montagne : beau temps, belle lumière et pas trop chaud !

Après 6 heures de route le jeudi après-midi, le groupe de 10 Aspaliens dont deux encadrants (Thierry et Benoît) se retrouve dans un hôtel de charme en Haute-Savoie. Chambre dortoir, histoire de garder la cohésion de groupe mais presque grand luxe. Presque trop pour certains, peur que l’on se ramollisse ! Il faudra donc envisager un bivouac pour l’année prochaine histoire de compenser…

Après une bonne nuit et un solide petit déjeuner (on ne le répètera jamais assez, trop top le buffet, du jamais vu de mémoire d’Aspalien !), on attaque une journée de mise en jambes pour découvrir le calcaire local, le massif des Bornes est une première Aspalienne ! Direction le col de la Colombière, puis une bonne marche d’approche de 300 mètres de dénivelé, histoire de se mettre en température.

Aspala Escalade : sortie au Massif des Bornes (Haute-Savoie)

Le cadre est magnifique, nous sommes entourés par les sommets des Aravis et personne sur les rochers, à part nous et les chèvres. Le week-end s’annonce bien !

Aspala Escalade : sortie au Massif des Bornes (Haute-Savoie)

Cette première journée est l’occasion de réviser les manips de cordes : haut de voie, relais, rappels et de découvrir les spécificités de la roche locale, notamment ses superbes cannelures et dalles à micro-gratons. Une vraie surprise pour certains et certaines, avec quelques frayeurs et doutes, notamment pour la grosse journée à venir du lendemain.

Aspala Escalade : sortie au Massif des Bornes (Haute-Savoie)Les longueurs s’enchainent dans la bonne humeur et finalement chacun s’acclimate au rocher. Il est déjà temps de redescendre sans trainer, la piscine ferme à 19h !

Ce sera raté pour certains : la « titine présidentielle » refusant de quitter le col ! Des câbles de démarrages feront l’affaire, il faudra juste garder titine sous perf, en attendant un changement de batterie.

Après le triptyque PAD (Piscine, Apéro, Dîner), extinction des feux tôt en prévision de la grosse journée du lendemain !

Samedi matin, départ matinal pour le pic du Jallouvre, nos hôtes ont gentiment acceptés d’avancer l’horaire du petit déj. Plusieurs projets pour cette journée dédiée grandes voies : soit enchaînement de deux voies de quelques longueurs (250m), soit enchainement d’une très grande voie : 15 longueurs 650m, pas de demi-tour possible. De l’engagement mental en perspective, d’autant que les points ne sont pas toujours aussi rapprochés que souhaité !

Aspala Escalade : sortie au Massif des Bornes (Haute-Savoie)Les longueurs d’enchaînent pour les différents binômes dans des voies magnifiques : Manque un mètre (voir deux pour certains !), Les gaguistes, Les Miss, Courte paille… Au final, chacun aura usé ses doigts pendant 8 heures. Mais le calcaire est magnifique et absolument pas patiné, les chaussons semblent coller au rocher. Un vrai bonheur !

Retour à l’hôtel, PAD et repos bien mérités, les organismes commencent à accuser la fatigue.

Le dimanche est la plus belle et plus chaude journée ! Une vraie journée d’été. Retour aux grandes voies du Jallouvre pour certains, histoire d’ajouter encore quelques croix et via ferrata pour la deuxième moitié du groupe. Le temps passe vite pour cette courte journée, il est déjà temps de rentrer sur Paris, après un arrêt obligatoire dans une fromagerie. Fin de la parenthèse estivale, un petit goût de vacances en septembre, rien de tel pour attaquer l’automne.

Aspala Escalade : sortie au Massif des Bornes (Haute-Savoie)

Un grand merci à Thierry pour son aide précieuse en temps qu’encadrant et à tous les participants pour leur confiance et bonne humeur.

Vivement l’année prochaine !

 

Sortie fin août dans le Briançonnais : colchiques dans les prés mais du soleil et des montagnes plein les yeux et de belles falaises sous les chaussons

Avant de retrouver la foule parisienne, onze aspaliens ont fait une grande réserve de soleil et d’escalade dans les vallées de la Durance et de Vallouise. La réputation des Hautes-Alpes comme département le plus haut et le plus ensoleillé de France n’est pas usurpée. On craignait un peu les grosses chaleurs ou les orages mais on a (presque) évité les deux. Dans notre chalet à 1500m, au-dessus de Puy-Saint-Vincent, grande terrasse avec vue imprenable sur la Tête d’Aval et le Pelvoux et nuits rafraîchissantes et magnifiquement étoilées. Y ajouter une multitude de falaises tout autour, pour tous les goûts (calcaire, granit…20m à 500m…marches d’approches minimales…) et pour tous les niveaux (on s’est ‘limité’ entre le 4c et le 6c), ainsi que quelques torrents bien frais et nous avions tous les ingrédients pour passer une excellente semaine !

Le rendez-vous est fixé au samedi 22 août et on se retrouve à quelques-uns un peu avant pour faire de grosses courses à Briançon.

Mais ce jour-là c’est aussi celui des finales du Mondial de l’escalade justement à Briançon. Une bonne partie du groupe (les mordus !) se retrouve donc à cuire (avec son masque !) sur le terrain du parc des sports en attendant que le spectacle commence. Ils y retrouvent la famille Lemaire fière de la qualification en demi-finale d’Adrien mais quand même un peu déçue qu’il n’ait pas pu être qualifié pour la finale. Mais le niveau est relevé car c’est la première manche de la saison à avoir pu se tenir, les précédentes ayant été annulées pour cause de C…

C’est parti pour plus de 2h de très haute difficulté avec la française Fanny Gibert qui termine 3ème et l’impérial Adam Ondra qui surclasse tout le monde. Pendant ce temps, les autres (les relaxs !) ont eu le temps de siroter une petite bière, de se balader juste au-dessus du chalet au col de la Pousterle et au soleil couchant et de préparer quelques ravioles.

Les jours suivants, ça s’organise : lever vers 7h30 ; petit déjeuner varié, le plus souvent sur la terrasse ; préparation des picnics du midi et du matériel individuel et collectif ; départ vers 9h (et quelques), avec typiquement ½ à 1h max. de route (ça tourne !) ; on a souvent changé de site ou de versant l’après-midi, pour être plus à l’ombre ; retours étalés entre 17 et 19h, suivant la motivation des uns et des autres et les compléments de courses à faire ; préparation du diner sous la supervision d’un binôme par soir, suivant le menu prévu à l’avance ; les ‘mordus’ s’infligent une séance d’étirements et de musculation !; les autres soignent leurs courbatures à l’apéro du soir, puis au dîner avec le debriefing des exploits des uns et des autres ; tisanes et préparation du programme du lendemain.

Côté escalades, nous avons pu avoir un avant-goût de plusieurs sites (un différent chaque jour) : vers les Vigneaux, l’Argentière-la-Bessée ou la Roche-de-Rame, au-dessus de la Durance, dans la magnifique vallée d’Ailefroide ou celle du Fournel et même jusque que dans la vallée de la Clarée. Nous avons toujours privilégié les sites permettant à tout le monde de grimper ensemble, entre le 4c et le 6. Plutôt sur des voies d’une seule longueur mais aussi quelques voies de 3-4 longueurs notamment sur la belle paroi du Fournel (on ne parlera pas d’une tentative avortée dans une voie ‘facile’ à Ailefroide).

Côté canyon, nous avions rendez-vous avec Mattéo le mardi après-midi, après une matinée de grimpe sur la jolie petite falaise du Rocher qui répond, pour faire le canyon des Acles juste avant le village de Planpinet. Grosse marrade lors de la distribution des combinaisons et de l’enfilage des chaussons néoprène ; puis un bon quart d’heure de marche d’approche heureusement sous les pins ; on enfile alors les combinaisons (attention à bien enfiler le pied droit en premier dans la veste !) pour un premier rappel de descente dans le torrent, après avoir révisé le freinage en huit+vertaco (spécial canyon sur corde simple !). L’eau est bien fraîche (les chaussons et la cagoule sont bien utiles), avec un débit suffisant pour s’amuser. La descente s’avère très sympa avec plusieurs rappels sous cascades de quelques mètres à plus de 15m et plusieurs toboggans qu’on descend soit ‘en libre’ soit ‘sur corde’, ce qui permet de se familiariser avec un genre de rappel dos à la paroi et au torrent ; mais les vasques sont trop peu profondes ou encombrées pour pouvoir faire des sauts. Une bonne heure de rigolade à la vue du style et des grimaces sous l’eau froide des uns et des autres et c’est déjà la sortie. Toute cette eau nous ayant donné soif, on termine cette belle journée dans la vallée de la Clarée par un coup à boire à l’auberge de Planpinet.

C’est déjà le dernier jour et les prévisions météo tournent à l’orage. On décide alors d’aller faire la via ferrata du Tournoux, située juste au-dessus du gîte au col de la Pousterle, en utilisant les longes dynamiques récemment acquises pour le club. Le panneau indique 1h30-2h de montée et une heure de descente mais les plus rapides mettront nettement moins d’une heure pour la montée. Sans difficultés particulières, hormis le manque d’adhérence des baskets sur le calcaire patiné, on profite bien du paysage sur toute la vallée de Vallouise et de la descente également équipée. Quelques gouttes de pluie à la sortie nous rappellent que les orages approchent mais cela cesse très vite et nous pouvons pique-niquer tranquillement au col. Les petites falaises repérées le matin sont trop tentantes pour les plus motivés qui démarrent alors dans quelques voies. 14h15 : plusieurs coups de tonnerre pas loin sont suivis d’une belle drache et c’est le repli général, avec l’aide bienvenue de Jérémie en haut des voies ; retour donc au chalet pour faire sécher tout le monde et les cordes. Mais les ‘mordus’ sont restés sur leur faim : ils se renseignent et partent pour une salle d’escalade à Gap qui ouvre dans l’après-midi. Les autres récupèrent de cette semaine bien remplie et commencent les rangements.

Une dernière péripétie attend encore Ophélie qui devra passer la nuit à Briançon dans son train couchette avant de pouvoir rejoindre Lyon en bus et Paris en TGV…Les autres repartent le samedi matin en voiture, soit par le Nord (col du Lautaret) soit par le sud (Gap et col de Cabre), pour une rentrée morose encore marquée par ce c…..virus.
Merci à tous les participants pour leur motivation, leur participation aux tâches communes et leur bonne humeur constante. Encore une bien belle semaine ‘rock and sun’ dans une région qui détient aussi sans doute la plus grande concentration de sites d’escalade au km2. Il faudra y revenir explorer encore tout ce potentiel !

Charles et Jérémie, septembre 2020